Ces Vaudais qui ont droit à des papiers
Pour réaffirmer haut et fort son soutien aux sans-papiers et mobiliser à leurs côtés un maximum de personnes soucieuses des Droits de l’Homme, la Ville met un peu de lumière sur ces familles.
“Nous les soutenons parce qu’ils vivent avec nous, parce que nous construisons ensemble, parce que leurs enfants sont avec les nôtres, parce que la défense de leurs droits, c’est le maintien des nôtres”, déclarent ensemble le maire Bernard Genin et Sophie Senouci, son adjointe déléguée aux Droits de l’homme et de la femme, à l’Accès aux droits, aux Solidarités et aux Relations internationales. Avec “Elèves Vaulx papiers”, l’antenne vaudaise du Réseau éducatif sans frontière (Resf) et les centres sociaux Le Grand Vire et Le Monde Réel, la Ville fait le point sur les parrainages et les actions engagés depuis 2008 pour les sans papiers. “Vingt familles ont été parrainées et douze d’entre elles ont été régularisées, indique Sophie Senouci. C’est dire que la mobilisation de tous – comités de soutien, habitants, enseignants, parents d’élèves, associations – permet d’avancer”. Outre la création “d’une dynamique qui rassure les familles et qui les porte, des combats se gagnent quand on travaille en réseau”, ajoute l’élue. Dernièrement, la lutte a payé pour Ibrahim Nour qui a obtenu un récépissé de titre de séjour “vie privée et familiale” et pour Mohamed Benikhlef qui, après avoir décroché un contrat de travail en CDI, doit obtenir son titre de séjour dans les jours à venir. “Il y a 3 ans et demi, j’ai rejoint ma famille installée ici depuis 2001. J’ai tout tenté pour arriver régulièrement. Mon père a fait de nombreuses démarches”, déclare ce jeune homme de 26 ans. Face aux refus, il est entré clandestinement. “Mes parents me manquaient trop”. Epaulé par la Ville il est sorti du tunnel victorieux et heureux : “Aujourd’hui, je suis bien, je suis fier et je n’oublierai pas les gens qui m’ont soutenu”.
Le combat continue
Si la solidarité et la revendication ont contribué à la régularisation de quelques-uns, d’autres, parmi lesquels les familles Sadiku et Ravalohery, ont encore besoin de soutien et de citoyens en résistance à leurs côtés. Les époux Ravalohery ont reçu la mauvaise nouvelle par courrier le 5 juillet. La délibération du tribunal administratif qui s’est réuni le 29 juin dernier afin d’étudier le dossier de Madame Ravalohery est un refus. Cette dernière avait fait un recours en annulation contre le refus de la préfecture de lui accorder un titre de séjour “vie privée et familiale”. Ce refus est donc confirmé, comme l’a été le refus de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire pour son mari (en septembre 2009). Aujourd’hui, cette famille risque l’expulsion. Cela malgré leurs treize ans de présence continue, le fait que leur petite fille de cinq ans soit née ici, la présence de leurs frères en situation régulière et des promesses d’embauches… Pour rappel, Madame et Monsieur Ravalohery, d’origine malgache, sont arrivés respectivement en 1997 et 1998, dans le cadre de leurs études. Elle, inscrite en science économique et géographie, a obtenu un master. Lui, a une licence de droit en poche. En 2008, ils ont fait une demande de titre de séjour “vie privée et familiale” parce que leur avenir est en France. “Notre famille s’est construite ici, insiste Monsieur Ravalohery. A Madagascar, le contexte est hostile à tout retour et notre enfant n’est jamais allée là-bas”. Afin de “permettre à ces Vaudais de vivre pleinement leur vie sur notre territoire”, Bernard Genin et Sophie Senouci viennent d’interpeller la préfecture du Rhône. Par ailleurs Pour mettre l’accent sur les succès remportés et les causes restant à défendre une rencontre festive a fait le prélude de la soirée de clôture de Festivaulx aux Amphis.
F.M

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