Lyon supprime sa subvention à deux clubs vaudais
Les handballeuses et les cyclistes de Vaulx-en-Velin doivent trouver de nouveaux financements. Thierry Braillard, adjoint aux Sports de la Ville de Lyon leur a annoncé le 8 décembre qu'il suspendait leur aide.
Pour donner la priorité aux clubs de sa commune.
Lyonnais ? Pas lyonnais ? Plusieurs clubs sportifs de l'agglomération se posent sérieusement la question depuis quelques semaines. Thierry Braillard, l'adjoint aux Sports de la Ville de Lyon leur ayant en effet annoncé le 8 décembre, qu'il allait “soutenir exclusivement les clubs ayant leur siège sur la commune et une activité sur ses neuf arrondissements”. Concrètement, cela prive deux structures vaudaises de subventions : l'Asul (handball féminin) et le VCVV (cyclisme).
Evelyne Beccia, présidente de l'Asul ne l'entend pas de cette oreille. Créée en 1935, l'Association sportive universitaire lyonnaise se lance dans le handball en 1945 dans une salle du 3e arrondissement et atteint rapidement le plus haut niveau. “En 81, ne disposant pas de gymnase homologué pour la première division, Maurice Charrier, maire de Vaulx-en-Velin propose d'accueillir le club dans son palais des sports. Il devient l'Asul Lyon Vaulx-en-Velin en 1990, tout en continuant de porter les couleurs bleu et rouge de la capitale des Gaules”, rappelle Evelyne Beccia. Et les porte plutôt haut puisque ses joueuses participent à plusieurs coupes d'Europe. Club formateur, il constitue l’un des viviers du hand français et pourrait remonter en deuxième division en fin de saison. On compte même une cham-pionne du monde parmi ses “anciennes”. Du coup la suppression de la subvention sonnerait le glas du haut niveau, selon Philippe Zittoun, adjoint aux Sports de Vaulx.
“Nous touchions jusqu'à présent 31 000 euros par an. Ce qui représente 10 % de notre budget”, calcule Evelyne Beccia. “Nous n'aurons plus que 15 000 euros en 2010 et plus rien à partir de l'année suivante. Nous sommes pourtant aussi bien Vaudais que Lyonnais”, insiste-t-elle. Thierry Braillard de répondre : “Vaulx n'est pas le seul club de handball de l'agglomération. Alors comment expliquer au contribuable lyonnais que nous soutenons Vaulx et pas Caluire ? C'est un problème de budget contraint. Il y avait une décision difficile à prendre, je l'ai prise. Mais attention, cela ne remet pas en cause la qualité des clubs”.
Cette décision semble avoir beaucoup affecté les dirigeants de l'Asul et leurs 160 licenciés. “Au-delà de l'élite, nous nous sommes beaucoup investis à Vaulx, notamment pour les jeunes filles des cités et dans les établissements scolaires”, assure la présidente. Qui souligne aussi que Lyon a accueilli ces dernières années de nombreux matchs internationaux, qu'en déplacement on les “annonce comme le club de Lyon”, et que le hand français cartonne. “Alors que les masculins sont champions du monde et olympiques et les féminines vice- championnes du monde, cet arbitrage tombe au plus mauvais moment”.
De son côté, Philippe Zittoun assure que la Ville de Vaulx, qui verse déjà 150 000 euros au club chaque année, ne peut pas faire mieux. “Pour des raisons financières mais aussi de principe. Je comprends cependant cette décision si le Grand-Lyon assure le relais. Des clubs de chaque commune de l'agglomération rayonnent au-delà de leurs limites. L'histoire a voulu que ce soit le cyclisme et le handball féminin à Vaulx”, rappelle-t-il.
Une position qui apparaîtrait cohérente puisqu’au moment où s’élaborait, il y a quelques années, le projet de Grand-Lyon handball regroupant l’élite des handballeurs garçons et filles de l’agglomération, Thierry Braillard avait soutenu avec enthousiasme ce projet.
Les dirigeants de l'Asul ont sollicité un rendez-vous auprès de Gérard Collomb, maire de Lyon et président du Grand-Lyon. “S'il y a entrevue, nous sommes bien sûr prêts, avec le maire de Vaulx-en-Velin, à les accompagner”, souligne Philippe Zittoun. En attendant la réponse, Evelyne Beccia, qui songe également à une solution au niveau de l'agglomération, garde espoir et ne perd pas sa malice : “Lorsque l'OL partira à Décines, ils ne seront plus Lyonnais alors ?” Réponse immédiate de Thierry Braillard : “Nous continuerons à les aider puisque nous le faisons à travers une subvention à leur centre de formation qui restera dans le 7e arrondissement et en achetant 1 200 abonnements par an que nous offrons à des structures caritatives et à des clubs lyonnais”. Proposition : que l'OL subventionne l'Asul !
D'autant que Jean-Michel Aulas, son président, a longtemps pratiqué ce sport à l’Arbresle, engagé à l’époque en championnat national…
Stéphane Legras

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