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Densifier le Sud en préservant son patrimoine

Nouveaux îlots urbains, patrimoine, accompagnement social, transports, voiries et environnement ont été les principaux sujets débattus entre le maire et les habitants de La Côte.

Le secteur Tase

Pour les îlots urbains en projet, la Ville soutient le principe de “parc habité” avec des espaces ouverts et végétalisés. Elle demande par contre une remise à plat du Programme d’aménagement d’ensemble (PAE) Tase. “Le projet Bouwfonds Marignan prévoit une densité trop importante en inscrivant 12 bâtiments dans le secteur de l’usine. Il contredit la notion de “parc habité”. 65 000 m2 de Shon(1) ici ce n’est pas envisageable !”, déclarait le maire, Bernard Genin. La Ville reprend donc les négociations avec l’opérateur pour que ces 65 000 m2 soient répartis sur l’ensemble de la Zone d’aménagement concerté (Zac) Tase. Une démarche saluée par le Cercle de la Soie Rayonne qui a déposé un recours gracieux contre deux permis de construire de Bouwfonds Marignan. L’association Vaulx Carré de Soie exprimait, elle aussi, sa satisfaction avant de réclamer plus : “Nous souhaiterions la révision du Plan local d’urbanisme, afin de préserver les zones pavillonnaires ”, rejoignant la demande déjà faite par les associations Au fil de la Rize et Vaulx-en-Velin Village.

Le maire s’est dit prêt à intervenir à nouveau auprès du Grand-Lyon “pour qu’il y ait des protections supplémentaires sur certains secteurs. En sachant que pour le moment nous ne pouvons pas obtenir de zonage “zone pavillonaire” puisqu’il faut avoir des superficies de 1000 m2 par maison ”.

Dans le même temps, soulignait le premier magistrat, “il ne faut pas perdre de vue que Vaulx s’inscrit pleinement dans le développement de l’agglomération qui devrait gagner 500 000 habitants soit 150 000 logements sur trente ans. Il y a deux possibilités pour accueillir les nouvelles populations : l’étalement urbain ou la densification là où c’est possible. A Vaulx, on devrait passer de 43 000 habitants à 50 000. Ce qui n’empêche pas que certains secteurs de la ville soient préservés ”.

A l’avenir sur ce secteur, des équipements sont aussi prévus par la Ville tels qu’une école, un équipement petite enfance et bien sûr, l’éclairage public.

Le patrimoine

Les travaux que font certains habitants dans les petites cités manquent totalement de cohérence ”, s’indignait une dame du quartier. Concernant les petites cités Tase, “le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) a été mandaté pour faire des préconisations en terme architectural pour tous travaux de réhabilitation ou d’agrandissement. Il va rendre un document avant fin juin ”, indiquait Bernard Genin.

Par ailleurs, la Ville a demandé au Grand-Lyon de se porter acquéreur de l’usine et au préfet d’activer le processus de classement qui est engagé : “Nous ne souhaitons pas que la situation s’installe telle qu’elle est, sans aucun travaux, et que le bâtiment soit tellement abîmé qu’il tombe ”, ajoutait le maire. Le président du Cercle de la Soie informait de son côté : “Nous avons aussi interpellé le préfet pour lui demander de protéger l’usine qui se dégrade à toute vitesse. A l’Etat de mettre en place les outils de protection nécessaires !”.

La place Cavellini

Le maire a affirmé aux habitants que le réaménagement de cet espace public serait fait en concertation avec eux. “Il n’y aura pas de logements construits sur la place, mais celle-ci pourra accueillir des commerces de proximité ”, ajoutait-il. Des habitants se sont dit défavorables à l’idée d’implanter des commerces sur la place : “Pourquoi ne pas les installer en face, avenue Salengro, en rez-de-chaussée des futures constructions de la Zac Tase ? ”. “La place doit rester un poumon de respiration, un lieu de rencontre pour les gens du quartier ”. Le maire de leur répondre : “Un centre commercial de l’autre côté de la rue Salengro est possible, sauf qu’il y a une question de délai. Si les habitants veulent des commerces de proximité rapidement, il faut les programmer sur la place. S’ils peuvent attendre quelques années, cela pourra se faire dans la Zac Tase mais pas avant sept ou huit ans”.

D’autres habitants souhaiteraient voir revenir un marché sur cette place qui “ferait revivre le quartier ”. “S’il n’y a plus de marché aujourd’hui au Sud, c’est qu’il n’y a plus de forains , rappelait le maire. Le service Economique de la Ville travaille pour en faire revenir un, mais ce n’est pas évident ”.

L’accompagnement social

La Ville veut faire de la Maison Carmagnole un lieu central d’accueil et de relais pour les habitants, les associations, les services municipaux. Ce lieu ressource sera en lien avec la maison du projet Carré de Soie, créée à quelques centaines de mètres par le Grand-Lyon. Quand un habitant questionnait : “Peut-on espérer avoir une permanence de la sécurité sociale au Sud ? ” Le maire d’indiquer la maison Carmagnole comme un lieu possible.

Par ailleurs, côté route de Genas, en remplacement de l’ancienne salle Mandon, Alliade travaille sur un projet de maison de quartier qui serait installée en rez-de-chaussée d’immeuble.

La voirie et les transports

Par le biais de l’Agence nationale de renouvellement urbain (Anru), la Ville a obtenu des financements permettant de réaménager une partie de l’avenue Salengro, entre l’église et l’école. “Nous continuons à défendre l’idée qu’il faut réaménager l’ensemble de la rue et poursuivre l’enfouissement des lignes haute tension, soulignait le maire. Nous n’en sommes qu’à une première phase. Il faut des financements supplémentaires ”. Une réunion de présentation du projet est prévue à l’automne.

S’agissant du Boulevard urbain Est (BUE), qui devrait être livré en 2013, l’enquête publique aura lieu du 13 septembre au 14 octobre prochain. “Dans cette enquête, va-t-on nous demander ce qu’on pense d’une deux fois une voie ou ce qu’on pense d’une autoroute urbaine ? ”, interrogeait le président de l’Association des riverains du BUE. Deux fois une voie, c’est ce qui est prévu pour la partie du BUE qui est au nord du pont de la Soie. “C’est uniquement là qu’il y avait un questionnement autour de deux fois deux voies ou deux fois une voie. Au Sud, c’est bien la proposition d’une deux fois deux voies qui sera inscrite dans l’enquête publique ”, précisait le premier édile.

La desserte du BUE prévue sur la rue Brunel inquiète les locataires des grandes cités et d’autres habitants. L’un d’eux trouve contradictoire de mettre cet accès à hauteur de la place Cavellini. “Est-il judicieux de créer ici une circulation de transit ? ”. Cela se discutera en réunion d’ici à la fin de l’année.

Des habitants des rues Poudrette, Joliot-Curie et de l’Ancienne Eglise ont fait part de diverses problématiques : voirie défoncée, vitesse excessive, élagage… “Il n’y a pas de travaux prévus, mais nous interviendrons auprès des services du Grand-Lyon et nous les relancerons sur la question de l’élagage. Il faut que les arbres soient entretenus ”, assurait le maire.

En matière de transport en commun, le projet d’axe A8 qui devrait relier La Grappinière à Saint-Fons est, pour la ville, un élément essentiel et nécessaire. Le Sytral avance trois possibilités d’itinéraires passant par le pôle multimodal et traversant le canal soit au niveau de la rue Jara (création d’un pont), soit au pont de la Soie ou au pont de Cusset.

L’environnement

L’idée est de valoriser une nature déjà très présente et de développer une promenade jardin qui traverserait le quartier du Nord au Sud : du Parc de la Rize en rive droite du canal, au Parc Sud débouchant sur la route de Genas, en passant par les berges du canal, le pôle de loisirs, le parc central, les petites cités Tase, le parc de la mairie annexe. Mais pour l’heure, se pose le problème des décharges sauvages, ont pointé quelques personnes. Quant au projet de l’Anneau bleu, “depuis le temps qu’on en parle, où en est-il ?”, interrogeait une autre. “Le lancement des travaux se fera en 2010, notamment avec la passerelle sur Décines. Et le chantier s’échelonnera sur trois ans ”, répondait Bernard Genin.

(1) SHON : surface hors œuvre nette soit la totalité des surfaces de plancher déduction faite de ce qui n’est pas aménageable.

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