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La pédagogie par la pratique ou l’art à l’école

Portées par les équipes d’enseignants, les équipements culturels, les structures associatives et la Ville, les pratiques artistiques et culturelles rendent les élèves actifs dans leurs apprentissages, favorisant ainsi l’épanouissement de tous et la réussite de certains. Exemples à l’appui dans les écoles, collèges et lycées vaudais.

Dossier réalisé par Jeanne Paillard

DE LA THÉORIE mais aussi de la pratique : nombre d’enseignants tentent d’appliquer le principe à l’enseignement de la culture. Une pratique qui permet d’intégrer les diversités des valeurs culturelles qui font sens en éducation et qui oblige à inventer une pédagogie différente, laquelle n'en est pas moins rigoureuse et qui demande beaucoup d'énergie et de temps. Mais, plus encore, une pédagogie de ce type implique, nécessairement, une réflexion sur la citoyenneté, en lui permettant de se réaliser au cœur des savoirs. A Vaulx, ils sont nombreux à agir au quotidien : les équipes d’enseignants, les équipements culturels, les structures associatives et la Ville.

“Le développement des activités artistiques et culturelles est essentiel pour l’épanouissement des enfants. Cela leur permet d’apprendre autre chose, d’ouvrir leur esprit et d’être mieux à même d’acquérir des connaissances scolaires”, résume Marie-France Vieux-Marcaud, adjointe au maire déléguée à l’Education et à la Vie de l’enfant. Convaincue du bien fondé de miser sur le développement de ces pratiques en milieu scolaire, elle poursuit : “L’art, la culture, la création sont des activités humaines indispensables qui permettent de préparer l’avenir en questionnant, anticipant. Elles ne doivent pas être réservées à une élite”.

Un point de vue qui rejoint certaines directives nationales en matière d’éducation. Comme le rappelle Mariane Daydé, inspectrice de la circonscription Vaulx-en-Velin/Décines : “Ce qui animent les actions artistiques et culturelles, ce sont d’abord les textes référents des programmes 2008. Cette année a été marquée par l’introduction de l’enseignement des arts pour le cycle 3 (CE2, CM1 et CM2), les collèges et les lycées”. Mais l’enseignement théorique ne suffit pas. Il doit, de plus, donner lieu à “des situations pédagogiques pluridisciplinaires et pluripartenariales”, insiste-t-elle. En termes de partenariat, Mariane Daydé mesure à quel point la Ville offre des possibilités multiples aux jeunes vaudais : “A Vaulx-en-Velin, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur un environnement porteur et cela donne une dynamique d’action intéressante”. Et quand les moyens de l’Etat sont en diminution constante, la Ville poursuit ses efforts pour que tous aient accès à la culture et à ses différentes pratiques. Nassreddine Hassani, conseiller municipal délégué à la Culture, précise : “Malgré la baisse des crédits, nous avons gardé le budget culturel qui représente environ 10 % du budget global de la Ville. Notre objectif est de favoriser la création, la diffusion et l’aspect pédagogique”.

Si une partie des projets des écoles est financée par l’Education nationale, leur réalisation repose pour beaucoup sur l’investissement de la commune. L’inspection académique soutient un certain nombre de classes à Projet artistique et culturel (Pac), quand la Ville finance, entre autres, les prestations des intervenants en danse, musique et arts plastiques. L’implication forte du centre culturel communal Charlie-Chaplin, du Planétarium, des équipements socio-culturels (MJC et centres sociaux) et des enseignants offre aux élèves un large accès à ces pratiques artistiques et culturelles.

Cette année, les élèves des collèges et lycées ont bénéficié de l’accueil de la compagnie en résidence Luca Théâtre ou de l’intervention de l’équipe de slameurs la Tribut du verbe.

Ceux des écoles primaires travaillent régulièrement avec des écrivains – notamment avec Roland Tixier, connu des Vaudais pour ses haïkus – des intervenants en danse, en arts plastiques et en musique. Des élèves du lycée Les Canuts ont organisé un ciné-concert dans le cadre du festival de jazz. Le lycée professionnel est aussi impliqué dans l’action “Art et récupération”. Quant au lycée Doisneau, il compte un panel d’activités très large en croisant les disciplines, notamment les arts et les sciences. Que se soit le théâtre, le cinéma, l’écriture, la danse, la musique, l’art du cirque, les expérimentations en sciences avec EbulliScience ou la Main à la pâte, les élèves s’en donnent à cœur joie tout en apprenant. “L’enseignement artistique devrait être décrété grande cause nationale”, n’hésite pas à dire Jean-Philippe Ferriere, enseignant à Doisneau, passionné de théâtre, qu’il pratique en amateur, et responsable au lycée de l’option théâtre.

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