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Les problèmes de vie quotidienne au Mas, au Pré et aux Sauveteurs-Cervelières
Ce n’est pas tant le renouvellement urbain qui a intéressé les habitants du Mas du Taureau, du Pré de l’Herpe et des Sauveteurs-Cervelières, que la répercussion de son coût sur le loyer des habitants, ainsi que les problèmes de vie quotidienne.
En préambule à l’assemblée générale de quartier, le maire Bernard Genin a fait le point sur le renouvellement urbain. Avec, à venir, la seconde phase de relogement à La Luère et aux Echarmeaux, le transfert du centre commercial avenue Thorez en pied d’immeubles, la requalification des collèges des Noirettes (rentrée 2011) et Barbusse (rentrée 2013) et l’aménagement de l’esplanade Duclos. A venir aussi, la Zac de l’Hôtel de Ville, qui verra le transfert du supermarché Casino au Pré de l’Herpe, avec un doublement de sa surface. Sans oublier les travaux de résidentialisation chemins du Grand-Bois, Malval, Pilat et Pierre-Dupont. Sur les copropriétés des Sauveteurs-Cervelières, le Plan de sauvegarde et l’Opération programmée d’amélioration de l’habitat (Opah) ont permis d’importantes réhabilitations. Reste à réaliser une étude sur les garages de certaines copropriétés.
Charges et impôts
Des questions ont porté sur le coût des aménagements : “La résidentialisation, c’est bien beau , commentait un habitant du chemin du Grand-Bois, mais combien va-t-on payer après ? Et, ajoutait-il, pour certaines personnes, il n’est même pas possible de changer de logement, les loyers sont trop chers ! ”. A la première question, le maire répondait que le coût du loyer relève du bailleur “mais, normalement, il ne doit pas y avoir d’augmentation après les travaux ”. Des travaux qui, selon le premier édile, ne font pas l’unanimité des habitants. Il proposait donc d’organiser rapidement une rencontre entre les représentants des locataires, la Ville et Grand Lyon Habitat, “afin de discuter, voire de remettre à plat le projet. D’autant que des réhabilitations dans les appartements sont aussi très attendues par les locataires ”.
Quant au relogement, dans le cadre du renouvellement urbain, la Ville et les associations de défense des locataires ont pu faire adopter par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) que les familles n’aient pas plus à payer, alors qu’on leur demande de quitter leur logement, les APL devant compenser les loyers plus élevés : “Les bailleurs doivent appliquer ce règlement qu’ils ont d’ailleurs signé ”, précisait le maire.
Pour d’autres, ce sont les charges de chauffage qui sont trop lourdes : “Elles sont colossales , s’indignait un locataire. Nous payons 120 000 euros sur l’année pour trois allées ! ”. L’ensemble des immeubles de la Zup est alimenté par le chauffage urbain, géré par la société Cofely (ex Elyo). “Un bureau d’étude effectue un contrôle chaque année auprès de Cofely, contrôle qui est ensuite présenté aux comités de locataires et aux associations de copropriétaires , indiquait le maire. D’où tout l’intérêt que vous avez à vous regrouper, afin de pouvoir effectuer un contrôle rigoureux sur vos charges ”. Rappelant à tous que, d’ici à 2013, la chaufferie actuelle serait remplacée par une chaufferie bio masse avec utilisation de combustible bois à 65 %.
Du côté des propriétaires, ce sont les impôts locaux qui sont trop lourds : “Vous dites que Vaulx doit rester une ville ouvrière, mais la taxe foncière est exorbitante, que pouvez-vous faire ? ”, demandait l’un d’eux. “Quel est le pourcentage de Vaudais qui ne paient pas l’impôt sur le revenu ? ”, questionnait un autre. L’impôt permet de réaliser des équipements, rappelait Bernard Genin. “D’autre part, nous avons réalisé une étude comparative avec la ville de Caluire, qui compte comme nous environ 40 000 habitants. Vaulx-en-Velin a deux fois plus d’enfants scolarisés, ce qui nécessite deux fois plus de personnel municipal dans les écoles. Nous avons deux fois plus d’écoles et donc aussi deux fois plus de travaux ”.
Concernant la taxe foncière, les taux en ont été fixés quand l’Etat exonérait les nouveaux arrivants pendant 25 ans : “Ce qui a permis à des familles de s’installer à Vaulx à une certaine époque, commentait le maire. Mais cette exonération a été supprimée et nous ne pouvons pas baisser cet impôt sans toucher aux autres. Aujourd’hui, nous demandons à l’Etat que les propriétaires bénéficient d’une exonération de la taxe foncière comme les entreprises dans les Zones franches urbaines (ZFU) ”. A Vaulx, environ 60 % des foyers ne paient pas l’impôt sur le revenu. Et le maire de tordre le cou à une idée reçue : “Ceux qui paient, ne paient pas pour les autres, puisque la Ville reçoit une compensation de l’Etat ”.
Enfin, une responsable d’entreprise s’interrogeait sur la fin du dispositif de Zone franche urbaine (ZFU) qui interviendra fin 2010 : “Qu’y a-t-il après ? ”. “Pour le moment, on ne sait rien , répondait Bernard Genin. Le gouvernement n’a encore rien annoncé ”.
Projet de ville, projet de société
Rebondissant sur ces questions de charges qui pèsent sur les familles vaudaises et plus particulièrement sur celles du quartier, un habitant demandait : “Que peut faire la municipalité face aux multiples désengagements de l’Etat, quand Vaulx-en-Velin est la ville la plus pauvre du département où les revenus sont en moyenne inférieurs de 40 % au reste de l’agglomération ? ”. Et de préciser qu’à Vaulx, “chaque décision a des répercussions encore plus graves qu’ailleurs, ce qui renforce l’obligation de la Ville par rapport à ses habitants en termes de solidarité ”. Des propos que le maire a approuvés : “Va-t-on continuer longtemps à subir cette situation sans résister ? Et bien résistons, et nous le faisons, par exemple en prenant des arrêtés anti-expulsion, afin qu’on ne mette pas à la rue ceux qui subissent les difficultés économiques ”.
Vie quotidienne
Plus qu’un projet de société, ce qui préoccupe les habitants, ce sont les problèmes de vie quotidienne : bruit, insécurité, propreté… Autant de problèmes qui pèsent sur leur bien-être et pour lesquels ils n’ont pas de solution. “Concernant les parkings sauvages, notamment devant les bornes pompiers, que fait la police ? ”, demandait l’un. “Il y a des dégradations tous les jours chemin des Barques ”, notait un autre. “Les problèmes d’incivilité nous pourrissent la vie , faisait remarquer un troisième. Jusqu’à quand ça va durer ? ”. Et tous de dénoncer les rodéos de motos sur la promenade du Mas et sur la promenade Lénine. Les habitants ont aussi interpellé le maire sur les problèmes de propreté : “Chemin des Plates, les abords de certains garages ne sont jamais nettoyés. Pourquoi ? ”, interrogeait un monsieur. Quand une dame se plaignait que “chemin Pierre-Dupont, persistent de gros problèmes d’hygiène de vie ”. Le maire, conseillant à chacun, d’interpeller collectivement son bailleur, mais aussi le service municipal de la Vie quotidienne, sur l’ensemble des questions de propreté.
“Quand on téléphone à la police nationale, elle nous renvoie sur la municipale, mais il est scandaleux que l’appel à la police municipale soit payant” , s’est plaint un habitant. Le maire a promis d’étudier la question d’un standard gratuit pour la police municipale. “Mais , indiquait-il à tous, la mission de la police municipale n’est pas la même que celle de la municipale. La sécurité publique relève de l’Etat et de la police nationale. Nous avons des contacts réguliers avec la police nationale pour lui demander d’intervenir plus souvent sur ces problèmes qui empoisonnent la vie des habitants. Je constate qu’à Vaulx comme ailleurs, il y a moins de policiers sur le terrain. La police municipale a pour rôle de faire respecter les arrêtés du maire concernant le stationnement, la zone bleue. Il y a neuf agents et deux personnes chargées de la voie publique ”. Quant à la promenade Lénine et à celle du Mas, difficile de faire plus que ce qui existe, car il faut aussi y laisser circuler passants, poussettes et autres vélos.
Renouvellement urbain et équipements
Concernant les équipements publics, l’Ecole de la 2e chance a ouvert ses portes, les écoles et équipements petite enfance sont réhabilités, le centre aquatique avec deux bassins et une pataugeoire sera livré en 2014 et la Ville entend négocier un second plan de renouvellement urbain avec la construction d’une nouvelle école et d’une maison de quartier. Les habitants, attachés à la piscine Jean-Gelet, ont cependant regretté sa vétusté. “Y aura-t-il des travaux en attendant 2014 ? , demandait une habituée. On a parfois l’impression que le toit va nous tomber sur la tête ”. “Elle a bien vécu , reconnaissait Bernard Genin. Et ce parce que nous l’avons toujours entretenue. Mais elle devra encore tenir jusqu’en 2014 et nous ferons tout pour ”.
Pour une maman, se pose la question de l’accessibilité des groupes scolaires. Accessibilité que la loi rend obligatoire d’ici à 2014 et avec laquelle la Ville s’efforce de se mettre en conformité. Bernard Genin annonçant que d’ici là, l’école Jean-Vilar dont il était question, sera entièrement réhabilitée.
Enfin, de nombreux copropriétaires s’interrogeaient sur le sort de leurs garages. Un représentant de l’Association syndicale des propriétaires (ASP), prédisant même leur démolition dans les trois ans. “Qui va nous indemiser ?, demandait-il. Et qui va payer pour le rachat de nouveaux garages ? ”. Une étude va être menée sur l’état des garages, mais “elle n’en concerne que trois ou quatre, précisait le maire. Pas tous. Pour le moment, aucune décision n’est prise. Quand cette étude sera finie, une réunion sera organisée avec les représentants de l’ASP, ceux du Grand-Lyon et la Ville ”, concluait-il.
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