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Ils descendent dans la boîte de jazz

Ateliers, concerts et sensibilisations font découvrir le courant musical au plus grand nombre.

Ne nous leurrons pas, on écoute très peu de jazz dans les cours de récréation. Et pourtant, le style est loin d’être inaccessible. “Les jeunes sont notre public de demain ! ”, rappelle Thierry Serrano. Alors, avec son équipe, il multiplie les initiatives pour les sensibiliser à ces sons inconnus de leurs oreilles. Quoique. “Ce courant a un sens profond et a influencé ce que l’on écoute maintenant. Le rap, par exemple, dans certains de ses thèmes de textes n’en est pas si éloigné, d’autant qu’il utilise souvent des boucles du jazz ”, poursuit le directeur. Sans oublier que l’on peut raconter l’histoire de l’humanité grâce à lui, à commencer par l’esclavage.

Des centaines d’écoliers de Vaulx sont donc conviés au concert de C.H.K., le 16 à Chaplin. Pour les plus grands, cela se passe aux Noirettes, où une classe de 6e travaille sur le jazz depuis plusieurs mois. Cela se passe aussi au lycée Les Canuts. Dans une classe de première année de bac pro commerce, trois musiciens professionnels sont venus présenter les différentes facettes du jazz. De leur côté, les profs de français, d’anglais et de vente ont pu, avec la documentaliste Nicole Voiland, faire le lien avec leur matière. En étudiant par exemple des textes de gospel, échangeant en anglais avec des musiciens invités du festival et en abordant la culture et la civilisation américaines. Les musiciens issus de l’Arfi (Association à la recherche d’un folklore imaginaire) présentaient également les instruments et jouaient quelques notes. Rien de mieux que les travaux pratiques. Et justement, les lycéens ont dû mettre la main à la pâte pour la deuxième partie du projet : la création d’un événement, le ciné concert du 9 mars à 19h aux Amphis. Ils ont tout pris en charge pour mettre en place cette soirée autour du film Nanouk l’esquimau. Les équipes du festival et de Chaplin leur ont présenté les contingences d’un tel projet, comme les transports des artistes, le buffet ou la mise en place de la billetterie et du parking. Ils ont aussi réalisé les affiches, les invitations et les flyers. Ils sont en section vente, non ? Le groupe travaille d’arrache-pied depuis la rentrée de janvier.

Parfois les publics sont plus inattendus. Ainsi un partenariat a-t-il été mis en place pour les malades autistes au centre hospitalier du Vinatier de Bron depuis 2006. “Nous tenons à faire entrer la musique dans ce type de lieu, à offrir des concerts aux patients ”, explique Charlène Mercier, chargée du développement culturel et de la programmation du festival. C.H.K. se produira deux fois, le 9 mars, au sein même de l’hôpital. A 14h, ils jouent pour les patients et le personnel soignant. Puis à 20h30, le spectacle est alors ouvert à tous et les recettes permettront d’acheter du matériel ludique et thérapeutique pour les patients du Pôle de l’autisme et des psychoses d’évolution longue de l’adulte (Dapela). “Notre partenariat existe depuis cinq ans et nous a déjà permis de financer un minibus ou un écran plat”, explique Jean-Philippe Ramos, infirmer au Dapela. Sans “pleurnicher”, il reconnaît que si la santé a “peu de budget, la psychiatrie en a encore moins et les services comme les nôtres, c’est pire ”. Dédramatiser l’autisme et la représentation de l’hôpital pour des parents de malades qui se sentent souvent coupables, voilà aussi l’objectif de ces concerts. “Il ne s’agit pas ici de conquérir de nouveaux publics, mais d’apporter de la joie et de l’émotion ”, complète Charlène. Car la musique est aussi un plaisir. A Vaulx jazz est là pour ne pas l’oublier…

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